Photo de bottes aux motifs de feuilles mortes se confondant sur un sol plein de feuilles mortes de la même couleur que les feuilles mortes imprimées sur les bottes
Générale

Que faire des feuilles mortes à l’automne ?

Tous les ans à l’automne, c’est le même rituel qui recommence au jardin. Les arbres déploient leur dernier feu, abandonnant au vent de nombreuses feuilles mortes. Le tapis multicolore ainsi formé sur le sol laisse perplexe bon nombre de jardiniers. Et l’éternelle question se pose : que faire des feuilles mortes qui se déposent dans notre petit jardin dès l’automne venu ? Beaucoup auront tendance à s’armer d’outils et de patience et commenceront à ramasser, nettoyer et éliminer.

Pourtant en s’inspirant de la nature, nous verrions une sagesse que nos petits jardins ont mis aux oubliettes.

En forêt, personne ne ramasse les feuilles et personne ne les emporte au loin. La forêt conserve ce tapis marron de feuilles tombées qui sont pour elle comme un TRÉSOR. La première, et sûrement la meilleure solution, est donc la plus simple : NE RIEN FAIRE DU TOUT ! La nature fera son œuvre comme elle l’a fait depuis toujours !


feuilles mortes jaunes sur le sol
©reussir-son-petit-jardin.fr

L’inaction : la première des sagesses !

Dans une forêt, chaque feuille morte qui se dépose sur le sol est une promesse de fertilité future.

Cette litière de feuilles aide à maintenir le sol humide et apporte nourriture à d’innombrables micro-organismes en plus de créer un habitat pour de nombreux vers de terre qui y trouvent un abri dès les premières gelées.

En se décomposant lentement durant la saison froide, les feuilles vont restituer aux arbres les nutriments qu’ils avaient puisés en amont, créant un cycle d’autosuffisance parfait.

Et c’est cette logique qu’il serait préférable d’adopter dans notre petit jardin. Laisser les feuilles se décomposer lentement dans les massifs et sous les arbustes n’est pas signe d’abandon ou de paresse mais juste une marque de confiance envers la nature. C’est aussi offrir une cachette pour les alliés du jardinier tels que coccinelles et hérissons.

feuilles de chêne mortes
feuilles mortes de couleur marron

Quand intervenir devient-il une nécessité ?

  • Dans la pelouse, il sera nécessaire d’enlever une partie des feuilles pour éviter que l’herbe ne s’asphyxie. Une astuce simple pour recycler les feuilles sur l’herbe : passez la tondeuse (lame réglée assez haut) pour les broyer et laisser cette tonte fine glisser entre les brins d’herbe en mode mulshing. Cela permettra à l’herbe d’être aussi nourrie sans être étouffée !
  • Dans les allées et sur la terrasse, les feuilles en décomposition peuvent devenir glissantes et dangereuses sous l’effet de l’humidité et de la pluie. Il sera donc préférable de les ramasser.

C’est à ce moment là que le jardinier en herbe devra intervenir. Mais là encore, pas question de jeter l’excédent. On ramasse et on récupère pour en faire profiter le reste du jardin.

feuilles mortes dans une allée en graviers et cailloux
©reussir-son-petit-jardin.fr
feuilles mortes sur terrasse en bois

Comment utiliser les feuilles mortes au mieux ?

1. Le paillage pour nourrir et protéger en douceur.

En étalant une couche de feuilles de 5 à 10 cm maximum au pied des arbustes, rosiers et vivaces vous leur assurez une couverture tiède et bienveillante qui protégera le système racinaire du gel et des herbes indésirables. Tout cela en assurant une humidité parfaite au pied de vos végétaux, ni trop, ni trop peu ! De plus en se décomposant, ce paillis de feuilles sera parfait pour nourrir peu à peu la plante. Vers et cloportes vont alors entrer un jeu et dans un travail titanesque vont creuser, mélanger, aérer et transformer la terre pour la rendre encore plus fertile. Ainsi, dès les premières lueurs printanières, le paillis de feuilles aura laissé place à une terre encore plus vivante et nourricière.

ver de terre sur la terre meuble

2. En faire du terreau de feuilles.

Appelé aussi l’or noir, ce terreau sera obtenu par décomposition de feuilles pendant 1 ou 2 ans. Pour ce faire, installez un contenant grillagé ou des sacs en toile de jute dans un coin ombragé et mettez vos feuilles de tilleul, bouleau, noisetier ou de charme à l’intérieur.

On tasse légèrement, on arrose un peu si le temps est sec et on laisse faire le temps. Vous obtiendrez un terreau sombre au toucher velours et qui sent bon le sous-bois. Je connais bon nombre de plantes et semis délicats qui en raffoleront.

magnifique terreau de feuilles mortes appelé aussi or noir dans les mains d'une personne

3. Équilibrer votre compost ménager.

En hiver, le bac à compost est rempli de déchets de cuisine humides qui finissent par sentir mauvais.

Ajouter des feuilles mortes (ressource carbonée brune et sèche) va permettre d’équilibrer la composition du compost. Stockez un sac de feuilles mortes et ajoutez-en un peu au compost à chaque fois que vous y mettez des épluchures.

bacs à compost en bois remplis de feuilles mortes

4. Un refuge pour la faune.

Un jardin trop propre devient un désert de biodiversité sans vie.

Pensez toujours à laisser dans le coin le plus reculé et tranquille du jardin juste un tas de feuilles sèches puis oubliez-le !

Il y a de grandes chances que le hérisson vienne s’y abriter pour l’hiver. C’est là aussi que bourdons, chrysalides et carabes se protégeront du gel. Vous créerez ainsi une véritable arche de Noé version miniature hébergeant vos plus fidèles alliés avant le printemps suivant.


Quand se séparer des feuilles mortes devient nécessaire…

Les feuilles malades échappent à ce tableau idéal. Et il faudra sans séparer sans regret. Il s’agit de celles qui portent des taches noires ou couleur rouille ou des traces de maladie repérées durant l’été sur les pommiers ou les rosiers par exemple. Ramassez-les et abandonnez-les par précaution à la déchetterie. C’est un moyen simple de ne pas perpétuer la maladie pour les prochaines années.

feuille d'Érable malade

C’est ainsi que le chemin s’achève…

…Et au bout du chemin, rien de ce qui est tombé n’aura été perdu (mis à part les feuilles malades dont on a parlé plus haut).

Tout reste, tout circule et tout se transforme.

Là où il y avait des feuilles mortes, il y aura maintenant de la terre fertile encore plus noire que l’année d’avant. Lorsque vous plongerez les mains dans le tas laissé au fond du jardin, vous en sortirez un terreau aux odeurs de forêt après la pluie. La pelouse sera plus verte et plus forte là où vous avez broyé les feuilles en octobre.

Ainsi la boucle est bouclée. C’est là le secret des feuilles mortes, elles n’annoncent pas une fin mais la promesse d’un futur verdoyant.

Alors qu’allez-vous faire des feuilles mortes, cet automne ? Dites-le moi en commentaire !

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9 commentaires

  • Sébastien

    Merci pour ce bel article ! 🍁 J’ai particulièrement apprécié ton passage sur la forêt, où personne ne ramasse les feuilles et où tout se transforme naturellement. C’est tellement évident quand on y pense, et pourtant on continue à vouloir des jardins impeccables ! Ton astuce du terreau de feuilles m’intéresse beaucoup. Petite question : est-ce qu’on peut mélanger toutes les variétés de feuilles ou certaines sont-elles à éviter parce qu’elles se décomposent trop lentement ? Au plaisir de découvrir tes prochains conseils !

    • Iris

      Merci pour ce joli commentaire. J’éviterai de composter les feuilles des végétaux malades et celles qui contiennent des substances toxiques. Pour ce qui est des feuilles coriaces, on peut tout à fait les broyer un peu avant de les composter. Ainsi elles rattraperont leur « retard » pour se décomposer en même temps que les autres.

  • CorinneAkMerlu

    Je suis bien d’accord ave’c cet article : les feuilles mortes sont un trésor inestimable !
    Dans le compost, sauf exception, je mets aussi les feuilles malades. Une maladie ne se transmet pas forcément du compost à la culture suivante : il faut encore que le pathogène survive au compostage et retrouve des conditions favorables, avec une plante hôte sensible.
    Et puis, lorsqu’un compost monte suffisamment en température, une grande partie des agents pathogènes est détruite.
    Mais c’est « mon approche du jardinage ». Chacun fait comme il le souhaite et, lorsqu’on ne connaît pas la maladie ou qu’on a un doute, c’est vrai qu’il vaut mieux écarter le risque.
    Merci pour cet article à un moment où on se pose effectivement la question des feuilles et du « faire propre »

    • Iris

      Merci pour ce partage d’expérience. Effectivement, il est probable qu’il n’y ait pas de gros risques à composter des feuilles malades. C’est vrai que de mon côté je préfère éviter par précaution. Merci pour ces échanges et au plaisir de partager d’autres expériences jardinières ensemble.

  • Dominique

    Je suis fort étonné que les feuilles par chez nous ne soient pas encore tombées, et même qu’elles soient encore aussi vertes après la sècheresse de cet été. Ceci dit, je les attends de pieds ferme… dans mon composteur !

    • Iris

      Oui effectivement c’est étonnant avec cette année caniculaire que les feuilles s’accrochent encore. J’imagine que la nature possède des ressources extraordinaires et qu’elle n’a pas fini de nous surprendre.

  • Eric

    Mes marches en forêt m’ont appris que les feuilles mortes nourrissent simplement une nouvelle vie. Ton article donne encore plus de sens à cette observation. Merci 🙏

  • Mes Travaux Maison

    Il est important de souligner qu’au-delà du jardinage, la gestion des feuilles mortes peut aussi s’intégrer aux travaux de rénovation écologique. Par exemple, en compostant ces feuilles sur place, on réduit les déchets organiques envoyés en décharge et on obtient un amendement naturel utile pour la terre. Pour ceux qui effectuent des rénovations de sols extérieurs, utiliser un paillage à base de feuilles mortes permet de limiter l’érosion et de conserver l’humidité, ce qui protège les fondations des variations climatiques. Enfin, le broyage des feuilles mortes facilite leur intégration dans le compost ou comme paillis, rendant cette ressource naturelle plus facile à valoriser dans un contexte domestique durable.

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